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Incohérence, incompétence et cynisme de la municipalité

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Dans l’article paru hier dans la presse locale, c’est l’adjoint à l’urbanisme qui présente les principaux éléments de compte-rendu de la seconde réunion du conseil citoyen du quartier centre-ville, Saint-Julien, Crêt de l’Oeillet. Pas un mot, pas une image des dits citoyens de quartier. C’est pourtant leur instance et celle-ci est totalement indépendante de la municipalité. Bref, une première incohérence dans la façon dont la municipalité voit ces instances de démocratie participative locale.

Ensuite, sur le fond des projets présentés, la description du projet de réhabilitation des abords du site de Novaciéries et de la rue de Saint-Etienne notamment. Là, l’adjoint veut une entrée de ville « belle et attractive » car « elle est la première image que perçoivent les les gens ». Et pour améliorer cette attractivité, l’élu de préciser que la rue de Saint-Etienne sera végétalisée.

Tiens, tiens, la végétalisation serait donc un élément d’attractivité pour l’entrée de ville côté Novaciéries ??

Nouvelle incohérence : en même temps, la municipalité a décidé la dé-végétalisation de l’entrée de ville côté Saint-Julien-Crêt-de-l’Oeillet !!

Tous les terre-plein qui avaient été végétalisés lors de la requalification urbaine de l’entrée de ville de Saint-Julien il y a quelques années, ont été supprimés au profit de nappes d’enrobée. L’entrée de ville côté Saint-Julien avait été apaisée et la végétation jouait un rôle essentiel dans la qualité de cette entrée de ville puisque l’ambiance routière qui existait précédemment avait été fortement amoindrie.

L’entrée de ville côté Saint-Julien ne mérite-t-elle pas un traitement de qualité, « d’attractivité » comme aime à le dire la municipalité ???

Alors, incohérence, entre les deux entrées de ville, c’est évident. Incompétence des élus en charge de ces différents dossiers, c’est fortement probable et surtout des élus qui se moquent à la fois des citoyens qui avaient été associés au projet sur Saint-Julien et des citoyens actuellement membres des nouveaux conseils de quartier.st_julien_2st_julien_1

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Foyer Barra : la fermeture du dimanche, une étape de plus dans l’affaiblissement de ce service public

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Le maire « Les républicains » de Saint-Chamond continue son entreprise de démolition de ce qui était un projet ambitieux de vivre-ensemble, de relations intergénérationnelles, avec la construction du nouveau foyer-restaurant Barra. Après un audit mené dans des conditions très discutables, étrangement « à charge » contre le projet initial, voici donc le nouveau coup porté à ce projet pour nos « anciens », en plein coeur de ville : la fermeture du service de restauration le dimanche.

Ce moment de convivialité du dimanche a été supprimé, brutalement, par le maire qui n’a pas cru bon de se déplacer, ni même d’envoyer un représentant élu, pour annoncer la (mauvaise) nouvelle aux usagers.

Ce mercredi, nous nous sommes rendus sur place avec Michelle GALLAND pour faire part de notre colère auprès de la presse locale. Ni le conseil municipal, ni le conseil d’administration du CCAS, n’ont été associés à cette décision unilatérale.

Voici une nouvelle démonstration de la politique droitière du maire de Saint-Chamond : moins de service au public, et aucun soucis du respect de la démocratie par un travail avec le conseil municipal ou le CCAS.

Nous sommes fermement opposés à cette disparition de service le dimanche, qui va impacter une nouvelle fois les plus petits.

Prochaine étape : la privatisation du service de restauration ???

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Le paradoxe agricole français

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1000 tracteurs convergent aujourd’hui sur la capitale ; 1000 tracteurs pour signifier, une fois de plus, le malaise des agriculteurs de notre pays.
Elément essentiel de notre quotidien puisqu’ils produisent nos denrées, élément essentiel aussi d’aménagement des territoires, il nous faut prendre soin de notre agriculture et des agriculteurs qui la composent.
Néanmoins, avec ces nouvelles crises qui secouent le secteur, nous sommes devant un paradoxe agricole de premier ordre.

En effet, d’un côté, nous avons une population agricole historiquement conservatrice dans ses votes (80% des intentions de vote au premier tour des dernières élections présidentielles pour les partis de droite !!) ; une population qui soutient donc majoritairement les programmes libéraux de la droite française. D’un autre côté, nous avons ces mêmes agriculteurs qui critiquent les baisses de prix des différents marchés (porc, lait…), baisses de prix qui les asphyxient mais qui sont les résultats directs des politiques néo-libérales mondiales et européennes en particulier (la fameuse concurrence libre et non faussée !!! : comment une concurrence peut-elle être libre et non faussée en même temps avec près de 30 pays n’ayant aucune harmonisation fiscale ou sociale???).

Ce paradoxe agricole français est symbolisé par le principal syndicat de la profession, la FNSEA. A sa tête, l’un des plus grands producteurs céréaliers d’Europe, PDG du groupe AVRIL qui réalise plus de 7 milliards de chiffre d’affaire. Derrière ce président, la grande majorité des agriculteurs (je préfère paysans), à la tête d’exploitations de taille raisonnable on va dire, se retrouve pris au piège de ce paradoxe. Tous ces paysans soutiennent indirectement un système d’agriculture intensif, comme l’a trop bien réussi l’industrie agricole céréalière qui se porte bien, alors qu’ils vivent eux-même dans un système organisé en structures de tailles beaucoup plus petites.

Regardons la crise du porc. Un des éléments de la crise actuelle vient de l’embargo russe sur la viande de porc – embargo qui entraîne une chute de la demande et donc une crise de surproduction et une chute des prix. Mais la question de fond est la suivante : est-il logique et soutenable qu’un porc breton soit vendu à 4000 km de son lieu d’élevage ? Est-ce qu’un tel modèle est soutenable économiquement, écologiquement, socialement ?

La vraie question qui est posée par les crises agricoles actuelles est une question de fond : acceptons-nous un modèle pour la production de denrées alimentaires qui soit basé sur le tout intensif (à la mode céréalière) ou posons-nous les bases d’une autre agriculture, locale, en circuit court, mettant la qualité avant la quantité ?

Accepter le modèle intensif viendrait à accepter le développement des filières d’industrie agricole comme la ferme des milles vaches ; des usines à vaches laitières, des usines à viande… Avec toutes les conséquences en termes de qualité des produits, de santé des populations, de vie des animaux, d’aménagements des territoires, d’écologie, de biodiversité…

L’agriculture est en fait un bon exemple du choix de société qui est devant nous : où nous acceptons cette marchandisation à l’échelle mondiale avec des poulets français vendus en Afrique du sud, en asie où nous cherchons à construire un autre modèle.

Je pense que nous avons à construire ce nouveau modèle, un modèle de prospérité mettant le développement écologique, social, humain, au coeur du processus. Un tel modèle nécessite une remise en cause profonde du modèle capitaliste néo-libéral dominant.

C’est un projet de grande ampleur qui pourrait aussi être l’occasion de re-définir cette mire, ce phare, cet objectif commun partagé, qui donne une direction à nos sociétés et qui manque aujourd’hui cruellement.

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Voisins vigilants : attention danger à Saint-Chamond !!

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En ce début de printemps, le maire de Saint-Chamond, continue de développer sa vision des questions de sécurité. Dernière nouveauté : le dispositif voisins vigilants, cyniquement appelé « Participation citoyenne » par la municipalité.

J’ai été interrogé par la presse sur la question hier. Voici quelques éléments que j’ai tenu à apporter.

Objectif de la municipalité : créer des vigies de quartier à même de renseigner les forces de l’ordre pour lutter contre les incivilités et les cambriolages : des shérifs de quartier ni plus, ni moins.

Quartier retenu : Fonsala !!

Créer de la vigilance ex nihilo entre voisins n’a pas de sens, pire cela peut être très négatif avec des conséquences de type délation, suspicion entre voisins de quartier, de palier.

La réponse à apporter est toute autre : il s’agit de créer les conditions pour que les voisins se connaissent, se rencontrent, se croisent, échangent. Cela passe par un ensemble de réponses pour animer ce que l’on appelle le vivre ensemble : la vie associative, la vie de quartier. Cela prend du temps, nécessite d’injecter beaucoup d’énergie pour coordonner, fédérer les acteurs de terrain.

Par exemple, sur Fonsala, la meilleure réponse à apporter en lieu et place de cette pseudo « vigilance », est de construire un grand projet social sur le quartier avec comme point de mire l’installation d’un nouveau centre social.

Il faut pour cela également vouloir amplifier la vie démocratique dans les quartiers et non pas abandonner la démocratie participative comme cela est le cas aujourd’hui à Saint-Chamond.

A la vigilance forcée et défensive voulue par la municipalité, il faut créer les conditions d’une véritable solidarité entre les personnes, autour de projets communs partagés.

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Des hots spots wifi pour les jeunes, sans les jeunes

Ce matin avait lieu l’inauguration de trois zones wifi mises à disposition par la ville de Saint-Chamond dans des espaces publics (parc Nelson Mandela, place de la République, skate-park). Comme l’a rappelé l’élu en charge du dossier, ces lieux ont été choisis principalement pour la jeunesse. L’idée paraît plutôt intéressante mais encore faut-il qu’une telle idée, comme tout autre projet, soit portée, partagée, afin qu’elle soit ensuite appropriée pour enfin connaître le succès.

Et bien, combien de jeunes étaient présents ce matin ?? ZERO.

Aucun représentant de la jeunesse saint-chamonaise : pas d’adeptes du skate-park, pas de collégiens, pas de lycéens. Il n’y avait que des élus du conseil municipal. Le conseil municipal des jeunes, qui existe encore, n’avait même pas été convié…

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Route du Coin / Suppression de la piste cyclable : des citoyens interloqués

Le soleil était au rendez-vous ce matin, route du Coin, pour un moment de recueillement suite à la disparition de la piste cyclable.

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Une manifestation organisée par nos partenaires d’Europe Ecologie Les Verts, qui, symboliquement, avaient mis en scène les funérailles de cet aménagement cyclable. Etant donnée l’affluence de ce matin, je pense que l’on peut parler de succès. Et eu égard aux délais dont disposaient les organisateurs, la réussite n’était pas évidente.

Nous étions nombreux de la section PS de Saint-Chamond à montrer notre profond désaccord quant à cette suppression de piste cyclable.

Cet acte témoigne du peu de respect de la nouvelle municipalité pour l’écologie, le développement durable et la démocratie participative. Nous pouvons craindre que cette suppression soit le début d’une longue série de retours en arrière : demain l’ensemble du schéma directeur des pistes cyclables, la subvention sur les locations de vélos électriques, les aides municipales pour les installations de panneaux solaires, de poêles à bois…

Après demain, on doit craindre une coupe en règle des documents structurants en termes de développement durable : l’agenda 21 local bien sûr et puis surtout le PLU (Plan Local de l’Urbanisme). Les 300 hectares de terrain que nous avons rendus aux agriculteurs de la commune en mettant en place le PLU vont très certainement fondre comme neige au soleil.

Ce matin, nous avons pu mesurer que des citoyens, des saint-chamonaises et des saint-chamonais ne laisseront pas saboter tout ce qui a été mis en place durant les six dernières années, sans réagir. Les personnes présentes venaient de divers horizons et ne comprenaient pas le fond de cette décision, à l’encontre de toutes les politiques publiques mises en œuvre dans les collectivités locales.

Une nouvelle habitante de Saint-Chamond, se rendant à Lyon tous les jours en train, avait tenu à être présente et témoignait de sa stupéfaction d’avoir pris connaissance de la suppression de la piste cyclable en rentrant, à vélo, mardi soir chez elle. Elle soulignait même le danger potentiel de cette suppression, sans aucune annonce préalable.

D’autres habitants saint-chamonais s’interrogeaient sur le respect de l’argent public. En effet, le coût de cette réalisation était de l’ordre de 100 000€. La ville de Saint-Chamond, à l’époque, avait même bénéficié d’une subvention de la Région Rhône-Alpes car cette piste cyclable faisait partie d’un schéma global de desserte des gares SNCF. Le montant de la subvention régionale était d’environ 50 000 € (46 963,40€ de subvention de la Région pour une dépense d’investissement de 93 926,80 € HT pour être précis) !!

La nouvelle équipe municipale, qui ne rechigne jamais à s’offusquer des baisses de dotation de l’Etat, fait preuve au mieux d’un grand amateurisme au pire d’une grande incompétence dans la gestion de l’argent public : comment justifier, tout juste 4 ans après sa mise en place, la suppression d’un aménagement à 100 000 € ??

Et que dire du montant des travaux réalisés cette semaine ? Là encore, à ce jour, aucun élément à apporter car la décision a semble-t-il été prise par le maire, seul. A l’intérieur même de ses propres services, certains étaient surpris de cette décision.

Une décision brutale et non concertée qui a eu le mérite de réunir les forces progressistes de Saint-Chamond, des camarades du Parti Communiste Français, aux Verts en passant par les camarades du Parti Socialiste, et aussi de nombreux citoyens saint-chamonais en dehors des partis mais décidés à ne pas laisser leur ville s’enliser dans ce conservatisme néfaste à notre vivre-ensemble.

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Suppression de la piste cyclable route du Coin : le retour des conservateurs, en quatre actes

En cette fin de vacances de Toussaint, les saint-chamonaises et les saint-chamonais qui passent par le secteur de la route du Coin où les adeptes de la pratique du vélo en ville l’auront remarqué : la piste cyclable de la route du Coin a disparu. Loin d’être anecdotique, cette décision de la nouvelle municipalité saint-chamonaise témoigne du retour des conservateurs aux destinées de notre ville.

Le choix de la suppression de cet aménagement cyclable est un acte de conservateurs pour au moins quatre raisons.

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Premièrement, la réalisation de cette piste cyclable, route du Coin, était un marqueur de la municipalité de Gauche. Cette réalisation, menée en début de mandat, avait en effet été portée d’une manière différente de ce qu’avait connu notre ville sous les mandatures précédentes. Nous avions pris le temps de la concertation, de l’échange. Une commission spécifique avait été créée concernant les aménagements cyclables ; commission comprenant des représentants d’associations de pratique de vélo, des jeunes du conseil municipal des jeunes, des représentants des services techniques de la ville et des élus. Comme à chaque fois avec la concertation, tout n’avait pas été « linéaire », simple ; de nombreux allers retours avaient été nécessaires pour finalement donner naissance à ce projet.

La suppression de cet aménagement cyclable est donc un acte politique de la nouvelle municipalité qui affiche ainsi sa position de puissance et envoie un signal clair aux conservateurs de la ville qui s’étaient alors mobilisés contre le projet.

Ensuite, cette suppression de piste cyclable est un acte conservateur car elle témoigne du recul de la majorité municipale sur le programme ambitieux que nous avions mis en place en termes de développement durable. L’opposition de l’époque n’avait eu cesse de critiquer, systématiquement et de façon parfaitement stérile, tous nos projets en matière d’aménagements cyclables. De façon globale, tous nos projets mettant en avant le développement durable de Saint-Chamond étaient alors moqués par les oppositions fragmentées d’alors : PLU, Agenda 21 local, biodiversité, déplacements doux… toutes ces thématiques étaient systématiquement raillées lors des débats en conseil municipal et faisaient l’objet d’attaques virulentes relayées dans la presse.

La municipalité en place réinstaure le système qui avait prévalu entre 1989 et 2008 : un frein à toutes les initiatives innovantes.

Saint-Chamond va se remettre à ronronner : défaire, défaire sans cesse tout ce qui pourrait représenter un acquis pour le bien vivre ensemble à Saint-Chamond, surtout si cet acquis concerne les plus fragiles. Car notre programme de déplacements vélos était aussi un programme à vocation sociale : les déplacements en vélo, en ville, sont aussi un façon de diminuer les coûts de nos déplacements. Coûts qui doivent passer très loin des préoccupations des nouveaux élus de la majorité.

Pour continuer, la suppression de cette piste cyclable est un acte de conservateurs car elle fait la part belle aux utilisateurs des établissements scolaires de la route du Coin. La municipalité soigne ainsi son électorat le plus conservateur en lui rendant l’accès aux classes en voiture – demande qui avait fait l’objet de vifs échanges lors de l’installation de la piste cyclable. Les parents pourront à nouveau venir stationner – légalement – devant les entrées de classe, comme ils avaient continué à le faire – illégalement – en stationnant ostensiblement sur la piste cyclable à chaque entrée/sortie d’école. Les riverains vont sans doute apprécier le retour du ballet incessant de véhicules devant les entrées et sorties de garage.

Enfin, la méthode employée pour cette suppression constitue aussi un acte conservateur. Il s’agit d’une décision, sans aucune concertation, ni même information, des élus, des associations qui avaient travaillé sur le dossier, des riverains. La vision « démocratique » de l’équipe municipale est en elle-même éloquente : centralisation et opacité extrêmes des prises de décisions. Le fait du prince. A l’heure où la question du financement public devient critique, que dire des conséquences financières de cette suppression ? La piste cyclable route du Coin avait représenté un investissement de l’ordre de 100 000 €, subventionné par la région Rhône-Alpes. Quel est le coût des travaux réalisés cette semaine ? Quelle conséquence vis-à-vis de la crédibilité d’une municipalité qui détruit une installation de moins de 5 ans ? Cette nouvelle décision hâtive, dogmatique, n’intègre pas ces éléments, puisqu’il n’y a pas eu réflexion : le fait du prince.

Voilà illustré, en quatre actes, autour d’un exemple précis, le retour du conservatisme à l’état pur à Saint-Chamond : un règlement de comptes politicien, un trait sur le développement durable (dans ses dimensions écologique, sociale et participative), un blanc-seing envoyé aux forces conservatrices de la ville, une méthode de décision autoritaire.

Nous continuerons de dénoncer et de combattre un à un les actes de cette politique conservatrice qui va laisser place, petit à petit, à une ville fragmentée, sans projet d’ensemble, mais au service des puissants locaux.

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A ce prix-là, pas la peine de s’en priver !!

C’est la réponse de l’adjoint à l’urbanisme de Saint-Chamond à notre question sur sa vision du poste d’adulte relais à Saint-Julien : un brin surréaliste !

Ci-dessous, le texte de mon intervention à ce sujet lors du conseil muncipal du 15 septembre dernier.

Il y a trois ans, lorsque nous avons mis en route la réhabilitation du quartier de Saint-Julien, nous avons souhaité mettre en place, au-delà de la réhabilitation stricte (en terme de bâtiments, de voirie, d’urbanisme), une démarche soutenue sur l’accompagnement humain et le rôle des habitants dans toutes ces requalifications.

Nous avions créé les conseils de quartier, et les habitants de Saint-Julien se sont appropriés ce projet qui a été partagé, concerté. Pour aller encore plus loin dans la participation des habitants, dans l’objectif de créer du lien, nous avons créer un lieu unique de rencontres, d’échanges, de discussion : le carrefour de la réhabilitation. Situé en plein cœur du quartier de Saint-Julien son objectif était clairement d’être en contact permanent avec la population. Pour faire vivre ce carrefour de la réhabilitation, nous avons décidé d’y adosser une personne, en charge d’accueillir les habitants du quartier, de prendre en compte leurs interrogations, de les renseigner sur les travaux à venir.

Le travail qui a été fait par la personne dans le cadre de ce poste d’adulte-relais a été salué par tous. Je pense que nous pouvons à nouveau nous réjouir de la réussite complète de la mission qui avait été confiée à cette personne. Au fil du temps, ce relais de terrain est devenu un point d’ancrage important au cœur du quartier. Plusieurs centaines de visites d’habitants ont été recensées au carrefour de la réhabilitation.

La mission de cet adulte-relais a également consisté à créer une interface entre l’OPH, la ville et tous les habitants. Cette mission a également été très bien menée.

Créer ce poste il y a 3 ans, dédier un appartement en cœur de quartier pour la réhabilitation, c’était une vraie innovation avec une prise de risque quant à la réussite du projet. Trois ans plus tard, la réussite est là et nous pouvons tous nous en réjouir.

Il n’était pas acquis que ce poste puisse être reconduit. Je pense que le travail que nous avons effectué en préparant le nouveau contrat de ville a apporté la preuve que notre démarche sur le quartier était la bonne.

La reconduite de ce poste est donc une très bonne chose sur le principe. Mais ce poste en soi, n’a pas d’intérêt s’il n’est pas porté par une vision politique claire du rôle que l’on en attend, si l’on n’a pas une vision claire de la contribution des habitants.

A ce sujet, nous avons quelques craintes pour l’avenir.

Je prends un exemple. Nous avons bâti, patiemment, un projet d’aménagement de l’espace de Gourperrona. Ce projet a été véritablement co-construit par les habitants dans le cadre du conseil de quartier et aussi avec l’appui du travail de terrain de l’adulte-relais et du centre social de Saint-Julien. Le résultat est à la hauteur ; Gourperrona a retrouvé un rôle d’espace public, ouvert à tous et la qualité de vie du quartier s’en est améliorée.

Les habitants ont été associés du début à la fin de ce projet d’aménagement de Gourperrona. Et bien, nous avons été choqués M. le maire par la brutalité qui a été la vôtre lorsque vous avez supprimé cet été les deux barbecues qui avaient été installés sur l’espace.

Votre décision a été prise sans même informer les habitants du quartier, les conseillers de quartier, le centre social qui avaient pourtant tous passé beaucoup de leur temps à définir ce beau projet.

La façon dont vous avez décidé, seul, le démontage de ces barbecues témoigne de votre vision du rôle des habitants.

L’espace n’avait pas encore été ouvert lorsque les barbecues ont été enlevés. On ne peut même pas parler de nuisances.

Votre décision est regrettable car elle renie le travail mené par les habitants, les conseillers de quartier, le centre social, alors que l’on connaît la difficulté de fédérer.

La concertation, l’échange, le dialogue avec les habitants nécessitent une façon de faire de la politique au quotidien différente de ce que l’on a pu connaître par le passé.

Nous pensons réellement que cette expérience des barbecues méritait d’être menée, là aussi avec les habitants. Vous avez coupé court à ce qui aurait pu être un bon exemple de vivre-ensemble.

Ce fameux « vivre-ensemble » que tout le monde appelle plus ou moins de ses vœux n’a pas le même sens pour les uns et les autres.

Notre groupe votera cette délibération mais souhaite attirer votre attention sur la nécessité du sens que vous mettrez dans les missions de cet adulte-relais. Le poste en soi n’aura aucun intérêt si vous ne portez pas une vision claire du vivre ensemble sur le quartier de Saint-Julien.

Conseil municipal du 15 septembre : une motion contradictoire pour le maire UMP

Voici le texte de la motion proposée ce lundi soir en début de conseil municipal :

Motion de soutien à l’action de l’AMF pour alerter solennellement les pouvoirs publics

sur les conséquences de la baisse massive des dotations de l’Etat

Les collectivités locales, et en premier lieu les communes et leurs intercommunalités, risquent d’être massivement confrontées à des difficultés financières d’une gravité exceptionnelle. Dans le cadre du plan d’économies de 50 milliards d’euros qui sera décliné sur les années 2015-2017, les concours financiers de l’Etat sont en effet appelés à diminuer :

-de 11 milliards d’euros progressivement jusqu’en 2017,

-soit une baisse cumulée de 28 milliards d’euros sur la période 2014-2017.

Dans ce contexte, le Bureau de l’AMF a souhaité, à l’unanimité, mener une action forte et collective pour expliquer de manière objective la situation et alerter solennellement les pouvoirs publics sur l’impact des mesures annoncées pour nos territoires, leurs habitants et les entreprises. L’AMF, association pluraliste forte de ses 36.000 adhérents communaux et intercommunaux, a toujours tenu un discours responsable sur la nécessaire maîtrise des dépenses publiques ; aussi, elle n’en est que plus à l’aise pour dénoncer cette amputation de 30% de nos dotations. Quels que soient les efforts entrepris pour rationaliser, mutualiser et moderniser l’action publique locale, l’AMF prévient que les collectivités ne pourront pas absorber une contraction aussi violente de leurs ressources.

En effet, la seule alternative sera de procéder à des arbitrages douloureux affectant les services publics locaux et l’investissement du fait des contraintes qui limitent leurs leviers d’action (rigidité d’une partie des dépenses, transfert continu de charges de l’Etat, inflation des normes, niveau difficilement supportable pour nos concitoyens de la pression fiscale globale).

La commune de Saint-Chamond rappelle que les collectivités de proximité que sont les communes et leurs intercommunalités sont, par la diversité de leurs interventions, au cœur de l’action publique pour tous les grands enjeux de notre société :

-elles facilitent la vie quotidienne de leurs habitants et assurent le « bien vivre ensemble » ;

-elles accompagnent les entreprises présentes sur leur territoire ;

-enfin, elles jouent un rôle majeur dans l’investissement public, soutenant ainsi la croissance économique et l’emploi.

La diminution drastique des ressources locales pénalisera à terme nos concitoyens, déjà fortement touchés par la crise économique et sociale et pourrait fragiliser la reprise pourtant indispensable au redressement des comptes publics.

En outre, la commune de Saint-Chamond estime que les attaques récurrentes de certains médias contre les collectivités sont très souvent superficielles et injustes.

C’est pour toutes ces raisons que la commune de Saint-Chamond soutient les demandes de l’AMF :

-réexamen du plan de réduction des dotations de l’Etat,

-arrêt immédiat des transferts de charges et des mesures normatives, sources d’inflation de la dépense,

-réunion urgente d’une instance nationale de dialogue et de négociation pour remettre à plat les politiques publiques nationales et européennes impactant les budgets des collectivités locales.

Voici le texte de notre intervention, pointant les contradictions avec les positions officielles de l’UMP et les questions de fond non abordées par cette motion restrictive :

Monsieur le maire, la motion de l’Association des Maires de France que vous nous proposez ce soir a été présentée et adoptée dans un grand nombre de municipalités.

Toutes les communes sont unanimes pour dire que la réduction des déficits en cours risque d’être une catastrophe pour les territoires (rappelons que 75% des investissements publics sont réalisés par les collectivités locales).

Le point très discutable de ce type de motion est que l’on aborde un problème général, global (le financement public) à travers une approche très réduite, très restrictive.

En effet, les maires sont tous plus ou moins d’accord pour dire « touche pas à mon budget » ; cela paraît assez instinctif. Mais en y regardant de plus près, le problème est quand même un peu plus complexe. C’est toute la question de l’organisation de notre société qui est posée finalement en arrière-plan de ce vœu : quelle place pour les financements publics ? quels niveaux d’imposition ? quel degré de répartition des richesses ? quelle vitesse dans la diminution des déficits publics ? quels moyens pour réduire la dette publique ?

On peut tous faire des vœux sur le maintien, la diminution, l’augmentation d’enveloppes budgétaires mais cela n’a pas de sens si l’on ne pose pas les questions de fond. C’est la limite forte de cette motion.

Par exemple, sans vouloir entrer dans la polémique, le plan d’économie que vous pointez, porté par le gouvernement actuel est de 50 milliards d’euros. Mais votre parti politique, l’UMP, à travers son délégué général au projet (Hervé Mariton), a proposé, il y a quelques semaines, son plan d’économie : il est de 130 milliards d’euros dont 20 milliards pour les collectivités, donc quasiment le double de ce qui est pointé dans la motion de ce soir.

Donc, vous voyez la situation : vous êtes en train de nous proposer une motion qui prévoit d’après vous trop de réduction budgétaires et en même temps, votre propre parti propose un plan de réduction 3 fois plus sévère !! On est un peu dans l’absurde !!

Ceci étant dit, nous pensons que l’austérité budgétaire actuellement mise en place partout en Europe, est une faute politique lourde. Il est nécessaire de maintenir un niveau d’investissement public important sur nos territoires : ceci pour activer l’économie locale mais surtout pour créer des services publics de qualité, pour tous, sur tous les territoires.

Nous souhaitons proposer quelques modifications à cette motion :

Tout d’abord, nous souhaiterions qu’une phrase apparaisse sur la nécessité de services publics forts sur tous les territoires : « La commune de Saint-Chamond réaffirme la nécessité de disposer de services publics forts (hôpital local…) et présents sur l’ensemble du territoire. » Cela aurait le mérite de la clarté.

Nous souhaitons également que la phrase qui dit : « En outre, la commune de Saint-Chamond estime que les attaques récurrentes de certains médias contre les collectivités sont très souvent superficielles et injustes. » soit supprimée. Nous ne voyons pas trop ce que cette phrase qui vient porter un jugement sur le travail des journalistes et des médias vient faire dans cette motion.

Enfin, nous proposons de supprimer la référence aux mesures normatives en fin de motion. En effet, là aussi, le sujet est complexe il est délicat de résumer cette question en deux mots. Il existe certes des risques de dérive mais de nombreuses réglementations sont également des gages de qualité (environnement, droit du travail…).

Voilà M. le maire, en guise de conclusion, nous disons qu’une telle motion, en dehors d’un contexte beaucoup plus global, ne présente pas de grand enjeu.

Ceci dit, si le conseil municipal souhaite prendre en compte nos propositions de modifications, nous voterons cette motion modifiée.

 

Monsieur le maire n’ayant souhaité intégré aucune de nos propositions, nous nous sommes abstenus.

 

 

PIB de la France de 1950 à 2013 : vers un nouveau paradigme pour la Gauche

Voici présentés ci-dessous deux graphiques donnant l’évolution du PIB de la France depuis 1950.

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Le premier graphique est issu des données que l’on trouve sur le site de l’INSEE et il présente l’évolution annuelle du PIB en %. Dans le second graphique, j’ai tracé, à partir des premières données, la même évolution (PIB en fonction du temps depuis 1950) mais en moyennant les valeurs de PIB annuel par décennie. Cette approche permet de présenter de façon encore plus claire le résultat.

Voilà sans doute pourquoi tous les programmes politiques depuis 40 ans sont des échecs : notre modèle de développement est basé exclusivement sur un principe de croissance (elevée) du taux de PIB annuel.

Or, depuis près de 40 ans (les faits sont là) la croissance en France n’a cessé de diminuer passant de près de 6% (en moyenne !!) dans les années 1960 à 4,2% dans les années 1970, pour atteindre 2,3% dans les 1980, puis 1,9% dans les années 1990 et 1,3% par an dans les années 2000. Depuis le début des années 2010, sans compter 2014 où nous sommes à 0% depuis le début de l’année, la moyenne est à 1% de croissance du PIB par an.

Ces deux graphiques montrent clairement que la croissance après laquelle on nous fait courir est en diminution continue depuis près de 50 ans et « faible » (moins de 2% par an en moyenne) depuis les années 1990 (c’est-à-dire près de 25 ans).

Nous pourrions cantonner ces variations de taux de PIB à des variations d’un indice un peu flou, un peu lointain de nos préoccupations quotidiennes mais le problème principal est que tout notre modèle de développement est basé sur ce fameux taux de croissance. Donc depuis 40 ans, nous courrons après quelque chose qui, structurellement, et peut-être même mécaniquement, est orienté à la baisse jusqu’à tendre vers des valeurs de 1% par an (ce qui n’est déjà pas si mal mais nous y reviendrons plus tard).

Voilà sans doute une des raisons premières, pour moi, qui justifie de l’urgence de réfléchir à une organisation nouvelle de nos rapports sociaux, économiques, politiques, en intégrant le fait que dans nos pays « développés » les besoins de croissance matérielle, au sens strict du PIB, ne peuvent être aussi forts qu’ils l’ont été pendant les 30 glorieuses.

Il est nécessaire de se pencher sur un modèle de développement visant à atteindre une prospérité pour tous avec une croissance faible : voilà ce qui devrait être notre nouveau paradigme de Gauche.